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Pierre Carlier Préfet de Police

Pierre Carlier et ses deux filles Marie et Caroline, Lyon, 1836
Pierre Carlier et ses deux filles Marie et Caroline, Lyon, 1836

Né le 16 mars 1794 à Champigny, Yonne.

  • Père, Pierre Carlier, ingénieur civil, originaire de l'Aisne, a réalisé l’assèchement des marais de Bourgoin (Isère), a aussi travaillé dans le Nord.
  • Mère: Marie-Anne-Charlotte Faguet, née le 14 février 1770 à Canteloup, Calvados.

En pratique Pierre et Marie-Anne sont des parisiens qui s’établissent à Champigny pendant la Révolution. Leur mariage aura lieu à Champigny le 21 mai 1791 ; à Champigny l’ingénieur devient industriel et agriculteur : il crée une tuilerie et une activité de marchand de bois.

Sœurs: Marie Carlier: 1796-1868, qui épousera François-Constant Esline; son autre sœur, Marie-Jeanne décède très jeune.

Frères cadets:

  • François-Henry Carlier, sous lieutenant au 4°escadron du 3°régiment de chasseurs d'Afrique, décède en 1835 à l'hôpital militaire de Bône en Algérie;
  • Jacques-Adolphe Carlier: 1800-1893 (Vicaire Général, Doyen du chapitre de la cathédrale de Sens).

Son père décède en 1799. Sa mère reprend les activités industrielles et agricoles de son mari, et soigne particulièrement l’éducation de ses trois fils. L’éducation de Pierre débute chez l’abbé Veluard à Villethierry; puis :

  • 1804-1808: chez MM. Bernard & Auger 8 rue d'Assas, Paris;
  • 1808-1811: au collège à Joigny; ce qui amènera sa mère à s’établir à Joigny ;
  • 1811-1814: au séminaire de Troyes: rhétorique, philosophie, théologie (comme ses deux autres frères)
  • 1814: voyage à la Martinique avec un cousin;
  • 1815-1818: secrétaire de Monsieur de Permond, lieutenant général de police qui l’emmènera à Strasbourg, Lyon et Marseille;
  • 1818-1827: marchand de bois et producteur de tuiles à Champigny (reprend l'activité de ses parents); maire de Champigny de 1820 à 1826;
  • 1820: épouse Bérénice Pauline Hann, fille d'un commissaire de marine du Havre, petite fille de la veuve Homberg, armateur au Havre, cousine de Victorine Tarbé ;
  • 1825 : naissance de sa fille Marie (4) ;
  • 1827-1830: associé avec un parent de sa femme négociant au Havre; devra liquider son entreprise dans des conditions difficiles qui auraient été causées par le changement de régime politique; recherche un emploi à Paris.
  • 1831-1833:entre au ministère de l'intérieur à Paris (M. Duvergier de Hauranne)

commissaire de police à Paris puis adjoint du Préfet de Police Vivien, chef de la police municipale. Organisation de la police, introduction du "gourdin anglais" pour faire face aux émeutes sans utiliser un fusil. Emeute du jardin du Palais Royal : le chef de la police municipale accompagné seulement de deux sergents de ville fait face, calmement, à une émeute importante qui le menace de mort, pendant 20 minutes dans l’attente des renforts .Ceux-ci feront évacuer le jardin du Palais Royal. Complot carliste du 2 février 1832 : ce complot considérable réunissait un grand nombre de conjurés dans quatre emplacements de Paris. Les chefs, environ une centaine, armés, devaient partir du premier étage d’un restaurant, rue des Prouvaires (quartier de St Eustache). Leur objet était de se saisir du roi de sa famille et des principaux dignitaires du régime à l’occasion d’un bal aux Tuileries. Mais ils eurent la surprise de voir arriver au premier étage du restaurant le chef de la police municipale suivi par une escouade de sergents de ville. Un des deux sergents de ville qui l’accompagnaient a été tué, mais Pierre Carlier est sauvé par un autre qui dévie un fusil. La quasi-totalité des conjurés du restaurant sera arrêtée.

  • 1832 : naissance de sa fille Caroline (5) ;
  • 1833-1840: Lyon: Pierre Carlier revient « au privé » ;et crée la compagnie d'assurance incendie La Lyonnaise;
  • 1836 achète une charge d'agent de change à Lyon;
  • 1840: rentre à Paris où il établit La Lyonnaise, dont il prend la direction: objet, selon les documents familiaux, « éviter le risque de marier ses deux filles dans une région éloignée », probablement plutôt revenir au centre politique et économique de la France.
  • 1842 achète avec un associé, Lamy, le château de Champigny et ses terres que les deux associés revendront par tranches, dont une part importante au baron Cottier ;
  • 1843 achète la maison de Thorigny sur Oreuse, près de Sens, Yonne.

février 1848: "mandé" par Ledru Rollin, ministre de l'intérieur pour devenir chef de la police politique, « grand merci (je ne suis pas républicain) » (Carlier est orléaniste); finalement il accepte pour rétablir l'ordre et entre au ministère de l'intérieur;

  • 20 décembre 1848, jour de l'entrée du Prince Président à l'Elysée, redevient chef de la police municipale, puis Préfet de Police en 1849;

crée un service politique et recrute des agents pour surveiller les clubs, sociétés secrètes, et même certains députés; réorganise le corps des sergents de ville; soutient Louis Napoléon : étranglement des tentatives républicaines de mise en garde contre le coup d'état, abattage des arbres de la liberté dans Paris, arrestation d’opposants politiques;

  • 1850: prescrit l'obligation de vendre les allumettes chimiques uniquement en boites;
  • 1851: prépare avec Louis Napoléon le plan du futur coup d'état,
  • 20 aout 1851, au cours d’un diner à Saint Cloud, présente, en présence de Louis Napoléon, le plan du coup d’état à Morny, Persigny, Fleury, Rouher, Saint Arnaud et Magnan. Morny manifeste son opposition aux dispositions du projet.
  • 17 octobre 1851 démissionne de la Préfecture de Police simultanément au ministère Baroche. Cette démission semble due aux mêmes causes politiques que celle du ministère Baroche : Pierre Carlier était opposé à la suppression de la loi dite « du 31 mai » qui apportait des restrictions au suffrage universel. Il avait déjà présenté sa démission probablement pour les mêmes motifs, à Louis Napoléon au mois de janvier. Mais le Président l’avait refusée.
  • 6 décembre 1851: pendant le coup d'état, nommé un des trois "commissaires extraordinaires" pour la province: reçoit la charge des départements difficiles de l'Allier, du Cher et de la Nièvre; intervient avec l’armée pour rétablir l’ordre à Clamecy, Nièvre, la ville de province où la réaction au coup d’état est la plus violente.
  • 25 janvier 1852: nommé Conseiller d'Etat;
  • 25 mars 1852 : nommé membre de la commission extraordinaire chargée d’étudier tous les travaux de la rue de Rivoli.

Nommé par l’Empereur un des 7 Conseillers d’Etat chargés de relever les effets du décret du 25 mars 1852 sur la décentralisation administrative, et sur les différentes branches du service public dans les préfectures.

  • 12 juillet 1852 : nommé membre de la commission des céréales.

Elu Conseiller Général de Villeneuve l'Archevêque; Membre du comice agricole de l'Yonne

  • 1853: nommé Maire de Thorigny
  • 31 mars 1858: décède subitement à Sens, chez sa fille Marie Petipas.

Décorations : Commandeur de la légion d’honneur, Grand Croix de l’ordre royal de Charles III d’Espagne, Grand Croix du Lion de Zahringen de Bade, Commandeur de l’ordre impérial de Sainte-Anne de Russie en diamants, Grand-Croix de l’ordre de François-Joseph d’Autriche, Commandeur de l’Aigle Rouge de Prusse, de Saint-Maurice et Saint-Lazare de Sardaigne, de Saint-Grégoire-le-Grand.

Principales sources:

  1. Dictionnaire du Second Empire; Jean Tulard; Fayard (rubrique par Marcel le Clère);
  2. Les Mémoires de Canler; rééditées en 1986 au Mercure de France qui contiennent un chapitre entier sur P. Carlier, préfet de police.
  3. Claude Vigoureux : Maupas et le coup d’Etat de Louis-Napoléon, éditions SPM.
  4. Documents de famille à Thorigny sur Oreuse.
  5. Marie (1825-1890) épouse Jean-Pierre Petipas, notaire, juge de paix à Sens, en 1845. Ils n’auront pas d’enfant.
  6. Caroline (1832-1887) épouse Césaire Foussé, tanneur à Sens, en 1852. Ce sont toujours ses descendants, Foussé puis Charrey, qui habitent la maison de Thorigny sur Oreuse, 89260, près de Sens.